Interview : Brahim, entre sport et consulting

entre sport et consulting

 

Faire du sport, lorsqu’on occupe une activité professionnelle à temps plein et qu’on doit gérer sa carrière ? Une gageure, certainement ! Non content de combiner les deux, Brahim est surtout un champion. Dans l’esprit et dans les faits. Rencontre.

Entre sport et consulting ; l’itinéraire de Brahim, consultant MOA et champion de saut en hauteur

 

Un parcours professionnel marqué par la passion

Bonjour Brahim, peux-tu nous décrire ton poste et tes missions chez Delane SI ?

Je suis actuellement consultant MOA chez la division ITIM (Société Générale). Mes tâches au quotidien sont succinctement :

  • Des tâches en MOA : études des besoins, rédaction de specs, cadrage, planification, etc.
  • Des tâches en testing : élaboration des cahiers de test sur le périmètre, conduction des tests, manager mon équipe en testing…

management

Tu nous racontes ton parcours ?

Ma formation de base est un master 2 en Audit et contrôle, préparé à l’IAE de Lille. J’ai tout d’abord essayé l’audit. Puis, je me suis rendu compte que la manière dont le marché s’offrait à moi ne me convenait pas (la juniorisation des équipes, entre autres).

J’ai donc décidé de me tourner vers quelque chose que j’aimais autant, et c’était l’informatique. Et me suis posé la question de savoir comment je pouvais y prendre part, sans être un développeur pur. Donc je me suis auto formé. Gestion de projet, méthodes agiles… mais aussi au minimum de technos à connaître à minima pour mener à bien les missions qui pourraient m’être confiées.

Dès que je me suis senti prêt, j’ai postulé et ai reçu la réponse de Delane SI. On me proposait justement cette mission, dans laquelle j’ai pu me faire les dents, et où j’apprends au quotidien.

Une gloire locale du sport

A Seclin, où tu vis depuis plusieurs années, tu es en quelques sortes devenu une gloire locale du sport… et si tu nous expliquais un peu en détails ?

J’avais déménagé à Seclin pour être au plus près de mon lieu de travail. En rentrant chez moi un soir, j’ai vu qu’il y avait un stade d’athlétisme à 300 mètres de mon domicile… J’ai décidé d’y aller faire un tour, pour rencontrer les sportifs locaux. Et puis, éventuellement recommencer à faire quelques footings pour un entretien quotidien. Sans plus.

Et puis, finalement, ils m’ont proposé un poste d’entraîneur pour encadrer les jeunes Seclinois à la hauteur. Ce que j’ai donc accepté avec beaucoup de plaisir.

sport - saut en hauteur

De fil en aiguille, un jour, un de mes co-entraineurs m’a dit qu’il y avait une compétition en décembre (soit une quinzaine de jours après) et qu’il serait bien que j’y participe pour montrer l’exemple aux jeunes.

Pour ma part, je lui ai dit que ce n’était peut-être pas une bonne idée. En effet, ça faisait 8 années que j’avais arrêté. Et je ne m’entraînais pas non plus.

« Je me suis dit : pourquoi pas ? »

Et puis, je me suis dit : pourquoi pas ?

J’ai participé, pensant m’amuser comme d’habitude… et là, je finis vainqueur du concours avec un saut de 2.08m. Je n’arrivais pas à le croire ! Je venais de faire une performance à 2 centimètres de mon record personnel, lorsque je m’entraînais à haut niveau…

Donc ont suivi la qualification aux nationaux de France Indoor à Clermont Ferrand, puis le championnat national élite le mois dernier.

J’en profite pour glisser un grand merci à l’ancien entraîneur national Yves Gerard !Lui, qui m’a accueilli il y a quatre mois au sein de son équipe pour parfaire ma préparation…

Cette petite histoire a insufflé encore plus de motivation au sein du club, et pour les jeunes qui déjà n’ont pas arrêté de s’améliorer et de s’amuser tout au long de l’année.

J’ai eu ensuite l’honneur de recevoir la récompense d’athlète de l’année par la ville de Seclin.

Comment en es-tu arrivé à l’athlétisme ? Qu’est ce qui t’a poussé dans cette voie jusqu’à y atteindre de hauts niveaux ?

Comme la plupart du temps, le hasard fait très bien les choses.

J’ai commencé l’athlétisme car on avait des entraîneurs qui venaient dans les établissements scolaires. Leur objectif était de faire connaître l’athlétisme aux jeunes, et pouvoir également dénicher des talents.

J’ai tout de suite adoré le fait de pouvoir se dépasser tout en se faisant du bien et en se faisant plaisir. J’avais un attrait particulier pour le saut en hauteur. C’était motivé par son côté technique, qu’il fallait bien appréhender, et bien sûr par son côté spectaculaire. Je me suis entraîné en donnant le meilleur à chaque séance. Chaque détail avait son importance. Petit à petit, le travail a commencé à donner ses fruits.

Et je n’ai pas tardé à être double champion d’Algérie junior avec un record à 2.10m.

J’ai ensuite fait partie de l’équipe nationale Algérienne. Quelques temps après, j’ai eu une hernie discale. Par conséquent, il devenait compliqué de continuer de s’entraîner. Cela aurait été un gros risque à prendre. J’ai donc décidé de me concentrer sur mes études.

études

Le sport comme moteur

Qu’est-ce que le sport t’apporte dans la vie ?

Bien évidement, ce qui revient c’est le dépassement de soi et pouvoir se dépenser.

Mais en ce qui me concerne particulièrement, c’est vraiment une passion. Une passion pour laquelle je ne compte pas le temps à y consacrer. Et depuis le temps que j’en fais, c’est une source intarissable de connaissances techniques, biomécaniques. Et j’y reviens, c’est surtout une passion qui permet de comprendre : comment un athlète peut ressentir toutes ces contraintes au niveau de son corps et les appréhender pour en faire un saut surhumain ?

C’est ce qui m’intéresse vraiment.

Tu avais fait une parenthèse de plusieurs années dans ta carrière d’athlète, pour des raisons médicales. Comment te sens-tu aujourd’hui ? On imagine que ça va mieux, au vu de tes performances récentes…

La parenthèse n’est pas complétement fermée car j’ai subi une opération qui n’a pas réussi… Donc j’ai repris, oui, mais je fais trois fois plus attention au cours de mes entraînements, à leurs contenus, la manière de les mener. J’y vais graduellement et je verrai bien où cela va me mener. Tant que ça me permet de m’amuser et de prendre du plaisir, je continuerai.

De l’extérieur, on se doute que lorsqu’on occupe un poste à responsabilités, tel que le tien, gérer une vie de sportif de haut niveau en parallèle demande une certaine dose d’aménagements… tu nous racontes un peu ? Comment rends-tu les deux compatibles ?

Concrètement, j’ai vraiment beaucoup de chances d’avoir rejoint le groupe d’Yves Gerard au CREPS de Wattignies. Il dispose de plages horaires suffisamment étendues pour que je puisse finir tranquillement ma journée puis aller à mes entraînements. Sachant qu’il y a aussi les autres journées ou j’entraîne les jeunes de Seclin, ce qui donne un programme bien chargé.

En résumé ? Je n’ai vraiment pas le temps de m’ennuyer.

Quelles sont selon toi, les prédispositions ou forces qui t’ont permis, et qui te permettent de réussir dans ta discipline… et dans le sport de manière générale ?

En trois mots : implication, persévérance et passion.

Dirais-tu que ces qualités te servent dans ta carrière également, que tu peux les mettre à profit dans ta vie professionnelle ?

Je pense que ce qu’on montre au niveau du sport ou tout autre domaine n’est qu’une projection de notre personnalité. De ce fait, l’implication est primordiale dans ce qu’on fait car si elle est absence ou manquante, on sera jamais satisfait du travail qu’on produit.

Pour ce qui est de la persévérance, je dirais que la vie n’est qu’une succession de défis, qu’on accepte ou pas. Plus on accepte, plus on gagne ! Il y a des moments où on ne veut pas les accepter, et c’est normal ! Mais dans la vie professionnelle en particulier, il vaut mieux y aller.

Pour la passion, clairement, j’ai la chance de me trouver dans un domaine qui me passionne.  Je sais que dans la conjoncture actuelle ce n’est pas forcément une chose évidente. Mais cela me pousse à m’améliorer dans ce que je fais de jour en jour autant que je peux.

…Ou encore que le sport et la compétition t’ont apporté quelque chose de spécifique, que tu as pu exploiter dans ta vie privée comme pro ?

Coté vie privée, le sport m’a surtout appris à ne rien lâcher quand je veux quelque chose. Puis coté pro c’est un peu la même chose, avec de surcroît la dimension : « je peux toujours faire mieux ». C’est ce qui me permet de me remettre en question constamment, de me dire qu’il y a toujours moyen d’apprendre de son prochain, de son équipe.

en équipe

Aujourd’hui, quelles sont tes attentes et projets, ambitions par rapport au sport et plus précisément à l’athlétisme ?

J’ai décidé de reprendre un peu plus sérieusement la saison prochaine, de faire une préparation digne de ce nom, avec pour objectif : le plus haut possible.

Je laisse l’avenir me raconter la suite.

Qu’aurais-tu envie de dire à quelqu’un qui n’ose pas se lancer dans sa passion, ou qui rencontre des difficultés à trouver le temps de faire du sport ? Un conseil en particulier ?

La vie n’est qu’un passage, où on doit prouver notre valeur avec ce qu’on a.

Tes passions sont les terrains de jeu où ta personne peut s’exprimer pleinement. Ne perds pas une occasion de vivre cela et de prouver ta vraie valeur.

Merci encore sincèrement à toi d’avoir accepté de répondre à cette interview et merci pour le temps que tu y as consacré ! Au plaisir de la retrouver bientôt dans la newsletter et sur le site !

Merci à toi 🙂

 

Brahim vous a donné envie de découvrir son univers et de vous initier à l’athlétisme ? Le site de la Fédération Française est ici !

Retrouvez aussi l’interview collaborateur de Nicolas, gestionnaire back-office et de Estelle, responsable du recrutement pour le groupe Delane SI.